Et si vous racontiez votre année en images
« Le souvenir, c’est la présence invisible. » – Victor Hugo
- Introduction
- Ce que deviennent les souvenirs quand on ne les imprime pas
- Pourquoi un livre photo annuel change tout
- Un livre unique ou plusieurs carnets : deux approches, deux sensibilités
- L’erreur que font la plupart des familles
- Mon regard de photographe
- Conclusion
Introduction
Janvier est toujours un mois particulier.
L’année vient de se refermer, les fêtes sont derrière nous, et le quotidien reprend doucement sa place.
Dans nos téléphones, pourtant, 2025 est encore bien là.
Des centaines, parfois des milliers de photos. Des anniversaires, des vacances, Noël, quelques moments forts… et surtout une multitude de petits instants ordinaires. Des images que l’on garde “pour plus tard”, persuadé qu’elles seront toujours là.
Mais que restera-t-il réellement de cette année, dans cinq, dix ou vingt ans ?
Avec le temps, les souvenirs deviennent flous. Les images se mélangent, s’effacent, se perdent dans des dossiers que l’on n’ouvre plus. Ce n’est pas une question de technologie, mais de mémoire. Sans support, sans récit, une année finit par disparaître.
Créer un livre photo de son année écoulée, ce n’est pas chercher la perfection.
C’est choisir de raconter une histoire. Celle de sa famille, à un moment précis. Avec ses fêtes, bien sûr, mais aussi avec ces petits instants du quotidien qui, sans que l’on s’en rende compte, forgent les souvenirs les plus durables.
2025 est terminée.
La question n’est plus ce que vous avez vécu, mais ce que vous décidez d’en garder.
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Ce que deviennent les souvenirs quand on ne les imprime pas
Aujourd’hui, nous n’avons jamais autant photographié nos vies.
Chaque moment semble mériter une image. Chaque événement, une série de photos. Et pourtant, paradoxalement, nous n’avons jamais eu aussi peu de souvenirs tangibles.
Les images s’accumulent. Elles s’entassent dans un téléphone, un cloud, un disque dur. On se rassure en se disant qu’elles sont là, disponibles, accessibles à tout moment. Mais dans les faits, on les regarde peu. Ou mal. Quelques secondes, en faisant défiler un écran, souvent sans contexte, sans narration.
Avec le temps, tout finit par se ressembler.
Les anniversaires se confondent. Les vacances se mélangent. On ne sait plus très bien si cette photo date de l’année dernière ou de celle d’avant. Les enfants grandissent, changent, et les images perdent leur repère temporel.
Ce n’est pas que les souvenirs disparaissent brutalement.
Ils s’effacent lentement. Ils deviennent imprécis. On se souvient d’une ambiance, d’un lieu, mais plus vraiment d’un âge, d’une saison, d’une année précise.
Imprimer, ce n’est pas simplement “faire un album”.
C’est donner un cadre à la mémoire. C’est poser des limites, faire des choix, raconter une histoire lisible. Une année commence, se déroule, puis se termine. Et cette structure change tout.
Un livre photo, posé sur une étagère ou une table basse, ne demande pas d’effort.
Il se feuillette naturellement. Il se transmet. Il se partage avec les enfants, parfois sans même un mot. Il devient un objet que l’on ouvre, et non un dossier que l’on oublie.
Sans support, les images restent des fichiers.
Avec un livre, elles deviennent une histoire.
Pourquoi un livre photo annuel change tout
Une année est une unité de temps que l’on comprend instinctivement.
Elle a un début, un rythme, des temps forts, puis une fin. Lui donner une forme, c’est lui donner une existence propre.
Un livre photo annuel permet justement cela : refermer une année, sans la figer.
Il ne s’agit pas de compiler toutes les images, mais de choisir celles qui racontent le mieux ce qui a été vécu. Faire des choix, c’est déjà raconter.
Contrairement à une galerie numérique, un livre impose une lecture.
On tourne les pages dans l’ordre. On suit le fil du temps. Les saisons passent, les enfants grandissent, les visages changent subtilement. Cette progression, presque imperceptible au quotidien, devient évidente une fois imprimée.
Avec le temps, ces livres deviennent des repères.
On les ressort, on les feuillette, parfois au hasard. On mesure le chemin parcouru. Ce ne sont plus seulement des souvenirs, mais des traces durables de l’histoire familiale.
Créer un livre photo annuel, ce n’est pas chercher à retenir le temps.
C’est accepter qu’il passe, tout en choisissant ce que l’on souhaite transmettre.
Un livre unique ou plusieurs carnets : deux approches, deux sensibilités
Certaines familles préfèrent raconter une année dans un seul et même livre.
Une vision globale, continue, où les événements s’enchaînent naturellement. Ce format permet de garder une lecture fluide du temps qui passe, de janvier à décembre, sans rupture.
D’autres se reconnaissent davantage dans plusieurs carnets, chacun dédié à un moment fort.
Un anniversaire, des vacances, Noël, une naissance. Chaque événement devient alors une parenthèse à part entière, avec son propre rythme, sa propre émotion.
Aucune approche n’est meilleure que l’autre.
Il s’agit avant tout d’une sensibilité, d’une manière personnelle de raconter son histoire familiale. Certains aiment la vue d’ensemble, d’autres préfèrent revenir sur un moment précis, le revivre pleinement, carnet après carnet.
Ce qui compte, finalement, ce n’est pas le format.
C’est l’intention : celle de ne pas laisser ces moments se dissoudre dans le temps, et de leur offrir une place juste.
L’erreur que font la plupart des familles
Lorsque l’on crée un livre photo, le réflexe est presque toujours le même : ne garder que les grands moments.
Les fêtes, les anniversaires, les vacances, les événements “importants”.
C’est compréhensible. Ce sont des repères évidents.
Mais en se concentrant uniquement sur ces temps forts, on passe à côté de l’essentiel.
Une année ne se résume pas à quelques dates clés.
Elle se construit dans l’ordinaire : un petit-déjeuner partagé, un jeu improvisé dans le salon, un trajet quotidien, un regard, un geste anodin. Ce sont ces images-là qui donnent du relief aux souvenirs et qui permettent, des années plus tard, de ressentir réellement une époque.
Les grands événements racontent ce que l’on a vécu.
Le quotidien raconte comment on le vivait.
Un livre photo qui traverse le temps est souvent celui qui mêle les deux.
Les moments marquants, bien sûr, mais aussi ces instants simples, discrets, presque invisibles sur le moment, et pourtant essentiels à notre histoire familiale.
Mon regard de photographe
Avec les années, mon regard sur les images a évolué.
Photographier, ce n’est pas seulement capturer un moment, c’est comprendre ce qui fera sens plus tard.
Dans ma propre famille, je crée régulièrement des carnets photo.
Pour un événement particulier, une période précise, ou simplement pour garder une trace de ce que nous traversons ensemble. Ces objets deviennent des repères. On les ouvre, on les feuillette, on se souvient. Pas seulement des faits, mais des ambiances, des émotions, d’une manière d’être ensemble à ce moment-là.
En ce moment, par exemple, je travaille sur la maquette d’un livre autour des lutins farceurs.
Un sujet léger en apparence, presque anodin, mais qui raconte beaucoup plus qu’on ne l’imagine : l’âge des enfants, l’énergie de la maison, l’atmosphère de cette période de l’année. Dans quelques années, ce livre dira bien plus que ce que les images montrent aujourd’hui.
C’est aussi ce que j’observe dans mon travail de photographe.
Les images qui traversent le temps ne sont pas toujours les plus spectaculaires. Ce sont celles qui racontent une histoire sincère, ancrée dans le réel, sans artifice.
Créer un carnet ou un livre photo, c’est finalement accepter cette simplicité.
Regarder sa vie telle qu’elle est, et lui reconnaître sa valeur.
Conclusion
Une fois 2025 racontée et mise en images, quelque chose change.
L’année est à sa place. Les souvenirs sont là, accessibles, incarnés. Et naturellement, une autre question apparaît : comment raconter la suite ?
2026 ne sera pas forcément plus spectaculaire.
Mais elle sera différente. Et comme chaque année, elle sera faite de moments forts, bien sûr, mais aussi de cette matière discrète du quotidien qui donne du sens à l’ensemble.
Commencer une nouvelle année avec cette conscience-là, c’est déjà regarder autrement.
Prêter attention à ce qui se vit, sans attendre qu’un événement exceptionnel arrive pour lui donner de la valeur.
C’est dans cet esprit que je photographie les familles.
En photoreportage, au plus près de leur réalité, pour raconter la vie telle qu’elle se déroule. Sans mise en scène, sans artifices, avec l’idée de constituer, au fil du temps, une véritable mémoire familiale.
Si cette manière de raconter résonne en vous, je vous invite à découvrir mon approche du photoreportage de famille, ainsi que le carnet photo, pensé comme un prolongement naturel de ces images.
2026 commence maintenant.
À chacun de décider comment il souhaite s’en souvenir.
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